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Allocution du 1er août 2010 Imprimer Envoyer Increase font size Decrease font size

Chers Concitoyennes et Concitoyens,

10 ans de 1er août dans le 21ème siècle et quel changement ?

Aucun. L’Etat continue d’envoyer des recommandations. Il y a 10 ans, le gouvernement avait transmis un questionnaire aux communes sur les effets nocifs des feux de joie. A l’époque, je m’insurgeais au sujet de ce document en disant que l’Etat avait d’autres chats à fouetter comme les écoles, les EMS, le civisme, etc. Et bien non en 10 ans où nous devions voir des mutations phénoménales, c’est toujours la même rengaine avec nuance. L’Etat interdit les feux mais laisse le soin aux Municipalités de gérer. Quel courage politique tout de même.

C’est bien là le problème de l’Etat. Il veut diriger mais n’assume rien. Faites vous – même la constatation ! En 10 ans qu’est-ce qui a été amélioré par l’Etat dans notre vie de tous les jours ?

10 secondes suffisent à faire le tour de la question. RIEN.

La nouvelle constitution n’a pas changé grand-chose. Le parlement vaudois, même ramené à 150 membres à la place de 180, continue dans sa définition de parler et de mentir.

En 1291, il n’y avait ni parlement, ni de 1er août.

D’où vient alors ce 1er août ? Comme il est à la mode dans les journaux de faire un questionnaire à choix multiple pour sonder votre appartenance à la famille suisse, en voici les réponses possibles :

A.    Sous la pression des baillis, les 3 Waldstättens se sont réunis su la prairie du Grütli ce jour-là.

B.    C’est le seul jour de libre dans l’agenda international des fêtes

C.   Par pur hasard et historiquement sans aucune référence.

Ce genre de questionnaire donne l’impression d’être cultivé mais en réalité, reflète notre manière d’aborder les événements de manière rapide, située hors du contexte et en définitive ne répondant pas aux suscitations qu’engendre la question. Il y a une longue histoire derrière cette date. Alors pour poursuivre dans la réflexion la plus importante du gouvernement : doit-on fêter le 31 juillet ou le 1er août ? Là aussi les politiciens se laissent mener par les événements. La présidente de la Confédération a bien maîtrisé cette affaire cruciale. Elle accorde une interview exclusive aux 3 chaînes nationales de télévision le 31 et fait son discours le 1er. Cela s’appelle l’art de se mettre à dos personne. Il n’est pas beau l’opportunisme historico-patriotique.

Si nous voulons revenir à un changement, il vaudrait mieux prendre comme référence le 12 septembre qui est la date officielle de l’acceptation par la Diète de la Constitution Suisse en 1848.

Mais au fond est-ce bien vital toutes ces supputations. Pour affronter l’avenir, il faut savoir historiquement que la Suisse a des amis mais pas d’alliances. Elle coexiste avec les nations du monde mais ne cohabite avec aucune d’elles. Elle n’a de pacte que le sien, celui que 3 minuscules entités puis de 13 et enfin 26 qui ont passé au cours des derniers 700 ans pour n’appartenir ni à l’Autriche, ni à la France ni à l’Allemagne.

La Confédération se voit comme une « Nation de la volonté », l’œuvre de ses peuples associés qui se sont choisis mutuellement quand, alentour, des monarques allouaient seuls, territoires et habitants. Il s’agit d’un choix de régime politique. Celui-ci prend sa source dans les libertés communales du Moyen-Age. Alors de grâce, Mesdames et Messieurs les Conseillers d’Etat et Fédéraux pour affronter le 21ème siècle cessez d’agir en monarque, laissez les communes tranquilles mais fusionnez vos parlements pour en diminuer le nombre de lois inapplicables et que seuls des gens de terrains seront en mesure de faire appliquer avec bon sens et pragmatisme. En 1899, nos ancêtres ont écouté les Suisses de l’Etranger qui réclamaient une fête nationale comme le 14 juillet ou la fête du Kaiser pour se souvenir de leur appartenance. 111 ans après, laissez aux politiciens de proximité le choix de s’allier, de cohabiter et de coexister en fonction de leurs visions.

A vous toutes et à vous tous, permettez-moi de vous souhaiter une excellente fin de soirée et un grand merci à l’amicale des pompiers pour l’organisation de cette fête ainsi que le personnel communal.

Didier Lohri


 
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